Le curateur comme vecteur de sérénité en temps de crise
Dans cet épisode du Never Overdue Podcast, Jean-Paul Van Damme s’entretient avec Thomas Niclaes, curateur au sein du cabinet d’avocats Blienberg. Derrière l’image souvent formelle du curateur, perçu comme celui qui liquide les entreprises, se cache un récit humain fait d’écoute, d’accompagnement et de reconstruction. Thomas livre un regard unique sur ce qui se passe réellement lors de la faillite d’une entreprise et sur les leçons que nous, entrepreneurs, pouvons en tirer.
L’idée reçue : un curateur ne se contente pas de liquider
Beaucoup pensent qu’un curateur intervient uniquement pour nettoyer après la faillite d’une entreprise. En réalité, c’est là que le véritable travail commence. Thomas décrit son rôle comme celui d’un détective, qui examine ce qui peut encore être sauvé et comment préserver la valeur d’une entreprise, parfois avec des résultats impressionnants.

Thomas cite l’exemple de la Sabena, où les curateurs continuaient de réaliser de la valeur vingt ans après la faillite. Cela démontre qu’une faillite n’est pas nécessairement une fin en soi, mais peut parfois marquer le début de quelque chose de nouveau.
De la faillite au redémarrage : l’importance du timing
L’un des points les plus intéressants de cet entretien concerne le rôle des faillites silencieuses, des situations où le curateur est impliqué avant même l’annonce publique. Cela permet aux entreprises de transférer discrètement leurs activités ou leur fonds de commerce à un repreneur, évitant ainsi l’effondrement total de la structure.

La faillite n’est pas toujours la fin – c’est parfois un nouveau départ
Un curateur est témoin de beaucoup de détresse humaine, mais aussi de résilience. Thomas explique comment certains entrepreneurs trouvent, après une faillite, la sérénité et l’espace nécessaires pour repartir à zéro. Le poids financier disparaît, ce qui ouvre de nouvelles perspectives.

Il souligne également l’aspect psychologique de son travail. Un curateur doit écouter, apaiser et restaurer la confiance. En ce sens, il n’est pas seulement juriste ou analyste financier, mais parfois aussi psychologue.
L’entretien avec Thomas Niclaes montre que le curateur est bien plus que le point final d’un échec. Il est souvent le trait d’union entre le chaos et le rétablissement, entre la perte et une nouvelle chance. Les entrepreneurs traversant des zones de turbulences peuvent tirer une leçon de cet épisode : osez demander de l’aide à temps. Une faillite ne signifie pas forcément la fin ; avec un accompagnement adéquat, elle peut même devenir un nouveau départ.
À propos de notre invité :
Thomas Niclaes est avocat et curateur chez Blienberg Advocaten à Anvers. Fort de près de vingt ans d’expérience au barreau, dont dix en tant que curateur, il se spécialise dans les dossiers d’insolvabilité et de faillite. Son travail allie précision juridique et vision humaine, du suivi de faillites complexes à l’accompagnement des entrepreneurs vers un nouveau chapitre.