Qu’est-ce qui fait le succès d’un grand projet urbain ou d’infrastructure ? Pourquoi certains plans restent-ils bloqués pendant des années en phase d’étude ? Et comment combiner une vision claire à long terme avec la flexibilité nécessaire pour s’ajuster en cours de route ?
Dans le dernier épisode du Never Overdue Podcast, Jean-Paul Van Damme s’entretient avec Koen Kennis, échevin d’Anvers. La discussion va bien au-delà de la politique. Elle porte sur le leadership, la prise de décision, la gouvernance, les grands projets d’infrastructure et le défi de transformer concrètement les plans en résultats.
Les enseignements de Koen Kennis ne sont pas seulement pertinents pour les décideurs politiques. Les entrepreneurs, managers et chefs de projet sont également confrontés à des décisions complexes, à des intérêts divergents et à des projets dont le chemin vers l’objectif final est rarement prévisible.
Comment transformer une politique en impact concret ?
Un bon plan n’est pas encore un résultat. Selon Koen Kennis, le véritable impact ne se produit que lorsque la politique est traduite en exécution concrète. Les plans, les études et les visions sont nécessaires, mais en fin de compte, les décisions doivent mener à l’action.
Cela est devenu évident, selon Kennis, lors de divers grands projets d’infrastructure à Anvers. Là où des projets pouvaient rester en suspens pendant des années, le véritable progrès n’apparaît que lorsque des décisions tranchées sont prises et que l’exécution commence réellement.
Pour les administrateurs comme pour les chefs d’entreprise, le principe est le même : l’impact naît lorsque la stratégie devient visible dans la pratique. Un plan ne prend son sens que lorsque les citoyens, les clients, les collaborateurs ou les autres parties prenantes en font concrètement l’expérience.

Pourquoi les grands projets échouent-ils souvent à cause de la gouvernance ?
Pour les projets complexes, l’attention se porte souvent sur les défis techniques. Pourtant, selon Koen Kennis, le véritable problème se situe souvent ailleurs : dans la gouvernance, la prise de décision et la responsabilité.
Un projet a besoin d’un pilotage clair. Le périmètre, le budget et le calendrier doivent faire l’objet d’un suivi constant, et les responsabilités doivent être définies précisément. Lorsqu’un projet commence à dévier sans que personne n’intervienne, de petits écarts peuvent finir par devenir des problèmes majeurs.
Une bonne gouvernance ne signifie donc pas seulement un contrôle a posteriori. Elle implique une clarté, tout au long du projet, sur qui décide, qui est responsable et comment l’avancement est surveillé.
Pour les grands projets d’infrastructure, mais aussi pour les transformations d’entreprise et autres projets complexes, cette appropriation claire (« ownership ») est essentielle.

Comment combiner vision à long terme et flexibilité ?
Une vision à long terme donne une direction, mais le chemin vers cet objectif peut changer. Selon Koen Kennis, il est donc important de garder une destination claire à l’esprit sans s’accrocher à une seule voie prédéterminée.
Les conditions dans lesquelles un projet est exécuté changent constamment. Le contexte économique, les attentes sociétales, les possibilités techniques ou les décisions politiques peuvent obliger à adapter le plan initial.
La solution, selon Kennis, n’est pas de changer la vision à chaque fois, mais d’être flexible dans l’exécution. Lorsqu’un itinéraire donné ne fonctionne pas, il faut être capable de chercher une alternative sans perdre de vue l’objectif final.
Cela demande non seulement une vision stratégique, mais aussi de la résilience et la capacité à concilier des intérêts divergents.

Que peuvent apprendre les entrepreneurs des grands projets publics ?
Les leçons tirées des grands projets urbains et d’infrastructure sont également applicables au sein des entreprises. Les organisations publiques comme privées doivent traduire leur stratégie en exécution, maîtriser des projets complexes et aligner les différentes parties prenantes.
Selon les enseignements de Koen Kennis, trois éléments sont essentiels : une responsabilité claire, un suivi continu et une flexibilité dans l’exécution.
Une stratégie a peu de valeur si personne n’est responsable de son exécution. Et même un projet bien mené doit pouvoir être adapté lorsque la réalité change.
C’est pourquoi, selon cette vision, un bon leadership n’est pas seulement une question de définition de cap. Il s’agit aussi de prendre des décisions, d’assumer ses responsabilités et de veiller à ce qu’une organisation progresse réellement.
Pourquoi la vision à long terme et l’exécution sont-elles toutes deux nécessaires ?
Une vision à long terme permet aux organisations de savoir où elles veulent aller. L’exécution permet à cette ambition de devenir réalité.
Koen Kennis montre dans cet entretien que ces deux éléments ont besoin l’un de l’autre. Une vision seule mène à des plans sans résultats. Une exécution seule, sans direction claire, peut mener à des décisions éparses sans cohérence.
Le défi pour les leaders est donc de relier la direction et l’exécution : savoir où l’on veut aller, tout en étant prêt à adapter l’itinéraire lorsque les circonstances l’exigent.
Conclusion : la stratégie ne fonctionne que lorsque vous la réalisez
L’entretien avec Koen Kennis montre que la gestion publique et l’entrepreneuriat ont étonnamment beaucoup en commun. Dans les deux cas, il s’agit de décisions complexes, d’intérêts divergents, de ressources limitées et d’un avenir que l’on ne peut jamais totalement prédire.
La leçon principale est que l’impact ne naît pas des seuls plans. Il nécessite également une gouvernance forte, une responsabilité claire et une exécution cohérente.
En même temps, une vision à long terme demande suffisamment de flexibilité. Vous devez pouvoir maintenir la destination tout en adaptant l’itinéraire à la réalité.
Pour les décideurs, entrepreneurs, managers et chefs de projet, l’essentiel reste le même : pensez à long terme, prenez vos responsabilités et veillez à ce que les plans deviennent enfin réalité.
Questions fréquemment posées sur Koen Kennis et les grands projets
Koen Kennis est échevin d’Anvers. Dans le Never Overdue Podcast, il s’exprime sur la gouvernance, les grands projets, l’infrastructure, le leadership, la prise de décision et la vision à long terme.
Selon Koen Kennis, le problème ne réside pas toujours dans la complexité technique. La gouvernance, la prise de décision, la responsabilité et le suivi jouent un rôle majeur dans la réalisation ou non de projets complexes.
Une bonne gouvernance garantit des responsabilités, une prise de décision et un suivi clairs. Le périmètre, le budget et le calendrier doivent être surveillés en permanence pour éviter qu’un projet ne déraille.
En gardant la destination finale claire, tout en étant flexible sur la manière d’y parvenir. Lorsque les circonstances changent, il peut être nécessaire d’adapter l’itinéraire sans perdre la direction stratégique.
Les entrepreneurs peuvent apprendre que la stratégie n’a d’impact que lorsqu’elle est exécutée. Une appropriation claire, un suivi continu et la capacité de réajuster le tir sont essentiels pour les projets complexes.